Les lignes rouges nationales

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Bloc national syrien et Parti constitutionnel syrien                                              

Introduction

Les Syriens espéraient que la fin de la dictature de Bachar al-Assad marquerait le début de la mise en place d’un système politique démocratique et pluraliste dans le pays. Mais l’arrivée au pouvoir d’une autorité imposée au peuple syrien, d’inspiration salafiste-jihadiste, et sa mainmise sur les trois pouvoirs – exécutif, législatif et judiciaire – à travers ce que l’on a appelé la « déclaration constitutionnelle », ainsi que sa tentative de soumettre et de terroriser la société syrienne, en commettant des massacres confessionnels sur la côte et à Soueïda, tout cela confirme que l’autorité de facto actuelle s’oriente vers un régime totalitaire « sultanique », fondé sur la domination. Ce régime fait fi des intérêts et de l’identité du peuple syrien, alors que l’État, la société et la vie politique ont besoin d’un nouveau pacte national, fondant un État-nation démocratique moderne.

Nous, au sein du Bloc national syrien et du Parti constitutionnel syrien (HADS), partant de la conviction ferme que la responsabilité politique et morale nous impose à cette étape – où les appels religieux et sectaires dominent une grande partie du discours politique et médiatique, accompagnés d’appels à confessionnaliser le régime, ou à le diviser, ou à imposer une fédéralisation forcée – avons travaillé à formuler un ensemble de principes constituant des lignes rouges pour notre lutte politique et nationale commune. Nous déclarons notre plein engagement à les respecter et à agir selon les programmes politiques, les alliances et les initiatives nationales qu’elles impliquent.

            Les lignes rouges nationales

  1. Unité de l’État et du territoire : Toute atteinte à l’unité géographique et politique de la Syrie constitue une trahison nationale majeure. La partition, la fédéralisation forcée, ou l’acceptation de toute occupation étrangère – et le droit du peuple syrien, selon les dispositions des Nations unies, d’y résister par tous les moyens – sont des lignes rouges non négociables.
  2. Identité nationale inclusive : La citoyenneté pleine et égale est le seul fondement de l’appartenance. Toute tentative d’imposer une identité sectaire ou ethnique au détriment de l’identité syrienne inclusive est catégoriquement rejetée.
  3. Rejet de la tyrannie et du régime totalitaire : La Syrie de demain n’a pas de place pour la reproduction du pouvoir individuel ou sécuritaire. Toute autorité ou autoritarisme déguisé sous des slogans nationalistes ou religieux est totalement rejeté.
  4. Rejet de l’extrémisme et du terrorisme : La criminalisation du sectarisme et des organisations takfiries sous toutes leurs appellations, et leur considération comme ennemi national, tout comme toutes les organisations sur base confessionnelle, surtout armées. Aucun compromis avec ceux qui instrumentalisent la religion ou la secte pour diviser la Syrie et les Syriens.
  5. Justice transitionnelle : L’impunité est rejetée. Quiconque a commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité doit être jugé. La réconciliation nationale ne peut être bâtie sur l’oubli ou les compromis, mais sur la vérité, la justice et la réparation.
  6. Droits de l’homme et libertés publiques : Tout système politique qui ne garantit pas la dignité et la liberté des citoyens, la liberté d’opinion, d’expression et de croyance est catégoriquement rejeté.
  7. Attachement à l’indépendance nationale : Rejet de la dépendance à l’égard de projets régionaux ou internationaux nuisibles aux intérêts nationaux. Quiconque agit au service de ces projets se place hors de la légitimité nationale.
  8. Solution politique et pacte national : Nulle autorité n’est légitime si elle n’émerge pas d’un pacte national, d’élections libres et équitables et d’une constitution approuvée par référendum populaire.
  9. Justice sociale : Rejet du pillage, de la monopolisation ou du gaspillage des richesses nationales, et du bradage du secteur public, qui appartient au peuple syrien. La reconstruction n’est pas un butin de guerre pour les autorités, mais un droit équitable et égal pour tous les Syriens.

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